La chaîne tellienne

Krmirie
Chaîne tellienne

La chaîne tellienne qui occupe l’extrémité septentrionale du Pays et qui correspond au segment le plus oriental de la chaîne alpine du Maghreb, est couverte par les reliefs des chaînes de Kroumirie, vers l’Ouest et de la chaîne des Mogods, vers l’Est.

Ce domaine structural particulier, qui s’étend du SW vers le NE, sur près de 150 km, depuis le poste frontalier de Melloula, jusqu’à Ras El Koran (NW de Bizerte), est constituée par la superposition d’unités allochtones ou de nappes de charriage, qui reposent sur un avant-pays autochtone et para-autochtone (Rouvier, 1985, p. 256).

Dans le détail, ces unités structurales superposées correspondent à trois ensembles :

* L’unité numidienne (Oligo-Miocène) qui correspond à une épaisse série argilo-gréseuse qui couvre la presque totalité de l’Extrême Nord tunisien. Elle constitue ainsi les reliefs des chaînes de Kroumirie et des Mogod, qui s’étendent sur une largeur de près de 20 à 30 km, à l’exception de la demi-fenêtre des Nefza.

UnitAllch
Extension des différentes unités allochtones

Les travaux de l’école, dite de Besançon (L. Glangeaud; A. Caire, M. Mattauer et J. Polvêche) ont conduit à placer un contact anormal majeur à la base du Numidien, qui le sépare des autres unités allochtones (KassebEd Diss, et Adissa).

Cette discordance angulaire le désolidarise de son substratum crétacé, paléocène et miocène marin transgressif.

* L’Unité Adissa qui est caractérisée par des décharges détritiques grossières au Crétacé supérieur :  Sénonien à microbrèches, à galets du Jurassique et du Néocomien et  blocs exotiques. L’Eocène renferme des joints microbréchiques. Il s’agit de l’unité intermédiaire charriée la plus interne, qui repose sur l’Eocène de l’unité Ain Draham et qui constitue la semelle de l’unité numidienne (Oligo-Miocène).

De faible épaisseur et de grande extension latérale, cette unité est charriée par dessus les séries à affinité tellienne, sur une flèche NW-SE de près de 30 km et sur une extension latérale SW-NE de près de 50 km (Rouvier, 1985, p. 359).

* L’Unité Ain Draham correspond à la deuxième unité allochtone intermédiaires qui est dépourvue de toute décharges détritiques et qui est caractérisée par le développement d’argiles àboules jaunes. Il s’agit d’une unité tectonique coincée entre à sa base le Sénonien à microbrèches de l’unité Adissa et à son sommet, les argilites à boules jaunes de l’unité Ed Diss.

UniAll
Unités allochtones de la chaîne tellienne

* L’Unité Ed Diss qui forme le substratum de l’unité numidienne, repose sur l’unité Kasseb. Elle se développe sur le rebord nord de la fenêtre des Nefza et elle déborde dans sa partie méridionale sur le Miocène marin, avec un recouvrement anormal d’une grande amplitude.

* L’Unité Kasseb correspond à l’unité structurale tellienne allochtone la plus méridionale du bâti alpin. Cette unité est formée par une succession d’anticlinaux et de synclinaux, dont le plus spectaculaire est celui du barrage du Kasseb. Elle recouvre au niveau des monts de la moyenne Medjerda et du Béjaoua, le Miocène marin, sur une flèche NW-SE de près d’une vingtaine de kilomètres.

Un peu plus au Sud et au niveau de Mateur et de Béjaoua, avant-pays de la chaîne tellienne, la zone des écailles correspond à la superposition et à l’imbrication tectonique d’unités chevauchantes, qui n’ont subi que de faibles translations horizontales et qui n’ont pas quitté leur patrie d’origine.

Ce domaine allongé SW-NE, disparaît complètement vers le NE, sous la dépression de la Garaat l’Ichkeul et vers le SW, sous celle de la moyenne Méjerda.

L’amplitude de l’imbrication de ces unités est bien visible surtout au niveau des calcaires à Nummulites de l’Yprésien et traduit généralement le caractère très superficiel de ces structures, avec une légère translation de la couverture sédimentaire vers le SE.

EcaillesNBKd.jpg
Zone des écailles

Bibliographie :

  • ROUVIER H. (1985).- Géologie de l’Extrême Nord tunisien : tectoniques et paléogéographies superposées à l’extrémité orientale de la chaîne nord-maghrébine. (Thèse es Sci., Univ. P. et M. Curie, Paris).- Ann. des Mines et de la Géol., N° 29, 428 p.

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