L’Atlas tunisien

Slattta
Massif du Jebel Slata

L’Atlas tunisien qui correspond à l’avant-pays de la chaîne alpine et au prolongement oriental de l’Atlas Saharien, est la zone structurale la plus étendue à travers tout le Pays. Cette zone est occupée par des chaînes de plis de couverture, qui sont orientés généralement SW- NE.  Ces plis anticlinaux sont séparés par des dépressions et des cuvettes synclinales. Une nette dissymétrie de ces structures, traduit une légère poussée du NW vers le SE. Orthogonalement à cette direction, générale, apparaissent une série de fossés d’effondrement.

Dans ce grand domaine structural, on peut distinguer :

* L’Atlas septentrional qui correspond à un vaste domaine structural, très complexe et qui s’étend au Sud de la zone des nappes de charriage et qui est limité vers le SE, par la grande faille de Zaghouan. Vers le Nord, ce domaine structural, correspond à la zone des dômes, ou à la zone des diapirs, qui est nettement marqué par le développement de nombreuses intrusions de diapirs triasiques complexes et très chaotiques. Malgrès leur disposition généralement chaotique, les séries triasiques se reconnaissent facilement sur le terrain, grâce à leur teinte bariolée et à la présence presque constante de dolomies et de cargneules. Les meilleurs affleurements sont ceux des diapirs d’Ech Cheid, Baouala, Lansarine et Thibar, qui sont souvent allongés et alignés selon une direction SW-NE, parallèlement aux structures atlasiques.

Ce domaine est également occupé par des structures qui correspondent à des anticlinaux à cœur crétacé et qui sont séparés par des dépressions synclinales éocènes ou néogènes. Ces structures qui sont de direction SW-NE,  sont fréquemment découpées par des accidents transversaux.

Un peu plus au Sud, apparaît la Dorsale tunisienne qui correspond à un important élément orographique qui jalonne la partie septentrionale de l’Atlas tunisien et qui est formée du NE au SE par une série de massifs qui sont séparés par des accidents transversaux. Du NE vers le SW, ces massifs correspondent successivement aux Jebels Bou Kornine, Ressas, Zaghouan (1.295 m), Kohol, Bent Saidane, Fkirine, Zaress, Bargou-Serj (1361), Makthar-Kessera et enfin Chaambi (1.544 m). Le segment nord-oriental de ces massifs, est limité sur le rebord oriental, par la grande faille de Zaghouan.

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Jebel Bou Kornine et Jebel Ressas, premiers éléments de la Dorsale tunisienne

b. L’Atlas central correspond à un important domaine orographique et structural qui est limité vers le Nord, par la Dorsale tunisienne, vers l’Est, par l’Axe Nord-Sud et vers le Sud, par l’Atlas méridional.

Ce vaste domaine structural est caractérisé par des plis anticlinaux de direction SW-NE, dite atlasique, dont le cœur est occupé par des séries crétacées et qui sont séparés par de larges dépressions et cuvettes synclinales, dont les flancs sont formés par des calcaires éocènes et dont le coeur est occupée par des dépôts néogènes à quaternaires.

Ces plis de couverture qui sont généralement dissymétriques, avec un net déversement vers le SE, sont tronqués par des fossés d’effondrement de direction orthogonale. Ces fossés qui s’organisent généralement en système de relais, sont comblés par des dépôts néogènes à quaternaires.

c. L’Axe Nord-Sud correspond à un linéament orographique et structural majeur, qui limite vers l’Est l’Atlas central. Ce linéament est occupé par une série de chaînons de direction sub-méridienne, d’ampleur km et à vergence Est et qui s’étendent sur près de 250 km, depuis le Jebel Bou Kornine (Hammam Lif), au Nord, jusqu’à la région d’El Hamma (Gabes), au Sud.

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Différents éléments de l’Axe Nord-Sud

d. Le domaine du Sahel ou basses steppes, correspond aux dépressions périatlasiques qui occupent la partie orientale du pays et qui s’étendent à l’Est de l’Axe Nord-Sud. Ce domaine, relativement plat, est occupé par une série de petites collines mio-plio-quaternaires, de faible altitude, qui sont séparées par de vastes plaines. Ces dernières sont parfois occupées par des petites dépressions évaporitiques ou Sebkhas endoréiques subsidents. La plaine du Sahel, qui se prolonge vers l’Est par le large plateau des îles Kerkennah et de la Mer pélagienne, parait correspondre à une plateforme «relativement stable».

Mais au fait, ce domaine est soumis depuis la fin du Miocène et surtout au Villafranchien, à un régime tectonique compressif NW-SE, responsable de la création de plis à grand rayon de courbure. Les structures géologiques anciennes (mésozoïques et paléogènes) sont en grande partie cachées par des recouvrements récents.

e. L’Atlas méridional qui s’étend sur la bordure nord de la plateforme saharienne, correspond aux dernières structures plissées du domaine atlasique, qui sont formées par l’ensemble des chaînes de Gafsa, Métlaoui, Moularès et des chaînes Nord et Sud des Chotts. De direction générale apparente voisine d’E-W, ces rides anticlinales correspondent dans le détail à des plis en échelon de direction axiale voisine d’W.SW-E.NE ou SW-NE.

 

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Atlas méridional ou Chaîne des Chotts

Ces plis dissymétriques avec souvent des flancs sud faillés et redressés, sont généralement séparés par de larges plaines et dépressions synclinales, occupées par des dépôts néogènes et quaternaires.

Ces structures en échelon présentent souvent des torsions d’axes et sont généralement tronquées par le grand couloir de la «faille de Gafsa».

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