Roches vertes ou Ophytes

RvrtTrias
Roches vertes du Trias

Les roches vertes ou Ophytes correspondent généralement à des épanchements sous-marins de lave basique, interstratifiée dans des roches pyroclastiques qui sont eux-mêmes interstratifiées dans les roches du Trias.

Ces roches volcaniques qui sont communément désignées sous le terme d’ophites, correspondent généralement à des corps isolés dans un complexe triasique formé par des argiles bariolées, du gypse, des cargneules, des dolomies et fréquemment des lambeaux de calcaires dolomitiques.

Macroscopiquement ces roches, de couleur gris verdâtre passant vers les bords à du vert, montrent à la cassure, dans les zones à texture grenue, des cristaux clairs de plagioclases (0. à 3 mm) et des pyroxènes et des veines de calcite et d’oligiste, dans le reste de la roche.

Sur le plan minéralogique, les roches vertes sont caractérisées par une association d’Albite (altérée en Séricite, Calcite, Epidote et Zoizite) et d’Augite (avec des minéraux d’altération de Chlorite et d’Uralite).

Sur les bords de ces coulées volcaniques, apparaît un verre volcanique complètement chloritisé. Ces roches peuvent être ainsi classées comme diabases spilitiques.

Marbres de Chemtou

Chemtou.jpg

Marbres de Chemtou (Kef el Agab, Jebel Hairech)

Dans le Jurassique de l’Extrême Nord tunisien, les marbres Chemtou correspondent à des marbres et à des dolomies recristallisés roses, jaunes et grises.

  • Auteur : Dumon (1939 in Bonnefous, 1972).
  • Localité type : Carrière romaine de Chemtou, Kef el Agab, à l’Est du Jebel Hairech. Limite inférieure : Dolomies à cargneules du Trias de la falaise de Kef el Agab.
  • Limite supérieure : Couverte par des éboulis.
  • Description :  Une unité inférieure de dolomies, de calcaires dolomitiques et de calcaires massifs, qui sont faillés, métamorphisés et minéralisés en Fe t Cu. Une unité supérieure formée par des dolomies caverneuses grises reposant sur des calcaires jaunes bien lités.
  • Epaisseur : 400 m.
  • Age : Lias inférieur (Hettangien-Sinémurien). Soussi, 2002, p. 104.

 

Chaîne de Kroumirie

Krmirie
Chaîne de Kroumirie

Dans l’Extrême Nord du pays, la chaîne montagneuse de Kroumirie, qui culmine à 1.104 m et qui constitue le prolongement septentrional de l’Atlas tellien, est formée essentiellement par les grès du NumidienPar sa situation dans un domaine climatique tempérée, cette chaîne est » couverte par des forêts denses de chênes-liège et de chênes-zeens.

Cette barrière naturelle correspond à 5 lignes de crêtes déposées en éventail.  Avec dans la partie nord, les massifs montagneux séparant Tabarka de La Calle (400 m). Plus à l’Est, une chaîne orientée SW-NE, qui culmine à Ain Draham, à 874 m et qui domine la petite plaine côtière de Tabarka. Le petit piton isolé de Jebel Adissa qui culmine à 889 m, constitue le prolongement vers le sud de cette chaîne. Une chaîne plus haute et plus continue, s’étend sur près de 40 km le long de la plaine côtière de la région des chênes et qui dominent à 1.104 m le village d’Ain Draham. Enfin, au Sud de cette ligne de crête principale, se situe une autre chaîne de direction générale grossièrement E-W et dont les principaux sommets qui culminent à 1.037 m, dominent la plaine de Bou Salem. Cette chaîne se prolonge vers l’’Est en direction de l’Oued Kasseb, par des massifs calcaires qui culminent à 960 m.

La partie sud des monts Kroumirie est constituée de deux chaînes parallèles, qui entourent la vallée de l’oued Barbara et qui font partie des monts de la Méjerda. Encore plus au sud se dresse le massif isolé du Jebel Hairech qui culmine à 690 m et qui est entouré de ses trois cotés par la plaine de Jendouba. L’essentiel des massifs de Kroumirie sont formés par des alternances d’argiles et de grès du Numidien.

Bargou-Serj

Serjj
Massif du Jebel Serj

Les Jebels Bargou-Serj qui constituent le prolongement vers SW des massifs jurassiques, constituent l’élément morphologique majeur le plus imposant de la Dorsale tunisienne. En effet, il s’agit d’une vaste structure anticlinale régulière qui s’étend, SW-NE, sur près de 40 km de long sur 10 km de large et qui culmine au signal du Jebel Serj (1.309 m) et celui du Jebel Bargou (1.268 m).

La carapace de calcaires récifaux de l’Aptien (faciès Serj) forme l’enveloppe de cette structure coffrée dont les flancs sont très accentués (Jebel Bargou). Vers le SW, La fermeture du Jebel Serj en voûte simple, marque la terminaison anticlinoriale méridionale de cette grande structure.

La Fm. Serj, définie au Jebel du même nom (Burollet, 1956),  entre Douar Sidi Hamada et le hameau d’El Golea, débute par des argiles sableuses, se poursuit par des calcaires subrécifaux noirs en bancs massifs riches en Rudistes et se termine par des marnes feuilletées.

Il s’agit d’une série de calcaires et de dolomies récifaux à subrécifaux massifs, généralement à grain fin, gris foncé et très durs et qui admet quelques intercalations de calcaires argileux et de grès silteux durs. Cette série essentiellement carbonatée, qui contient une riche faune d’organismes récifaux typiques d’Huîtres, de Rudistes, de Polypiers, de coraux, d’Algues et  d’Orbitolines, ainsi que des Hedbergelles et des Radiolaires, a été attribuée au Gargasien supérieur-Clansayésien.

Serj3Calcaires récifaux de la Fm. serj du flanc nord du Jebel Bargou

Cette série qui forme l’essentiel des reliefs imposants des massifs des Jebels Bargou, Serj,  Ballouta, Trozza et Slata, a été subdivisée dans sa localité type (Turki, 1988, p. 65) en :  

Serj
Différents termes de la Fm. Serj (Mém. ETAP, 8b, p. 38 et Turki, 1988, p. 67).1988, p. 67).
  • Un premier terme (240 m) d’argiles sableuses à intercalations de grès à stratifications obliques et des calcaires ou Fm. Hamada.
  • Un deuxième terme de calcaires noirs, durs en bancs massifs à Orbitolines, localement dolomitiques et qui sont séparés par des marnes noires (40 m) formant le niveau repère de la cote 873 m. Cette série carbonatée, subrécifale, riche en Rudistes, forme l’essentiel de l’ossature du Jebel Serj.
  • Un troisième terme (270 m) de marnes feuilletées à rares bancs de calcaires à Hedbergelles et Radiolaires.
  • Un quatrième terme (35 m) de calcaires en gros bancs durs riches en Rudistes.
  • Un cinquième terme (400 m) d’argiles sableuses à nombreuse intercalations de calcaires argileux et oolithiques.

Tlatli (1988) distingue dans la Fm. Serj cinq séquences carbonatées principales S1 à S5, qui sont séparées par quatre niveaux marneux à bancs gréseux T1 à T4. La séquence supérieure S5 est subdivisée en cinq sous séquences S5a à S5e. La séquence S5d qui repose sur la séquence S5c par une discontinuité marquée par une surface durcie et la séquence S5e, correspondent à l’Albien inférieur.

La limite Crétacé – Tertiaire ou limite K/T

Hariaa
Crétacé supérieur – Paléocène ou Fm. El Haria le long de la piste de Hammam Mellègue

Dans le NW de la Tunisie, le passage Crétacé-Tertiaire se fait souvent dans une série régulière et calme d’argiles noires ou gris sombre à intercalations de calcaires crayeux.  Il s’agit de la série de transition qui correspond à la Fm. El Haria (Burollet, 1956) et qui s’étend sur le Maastrichtien supérieur, le Danien, le Paléocène et le Montien.

Cette série tendre forme de larges vallées qui s’étendent entre la barre supérieure de la Fm. Abiod (Maastrichtien) et les calcaires à base phosphatée de la Fm. Métlaoui (Yprésien)

A quelques km au SW de la ville du Kef et parallèlement à la piste de Hammam Mellègue, cette série marine calme dépourvue de toute bioturbation et de tout apport détritique grossier, a permis de repérer avec une grande précision la limite entre le sommet du Crétacé et la base du Tertiaire.

KT.jpg
Affleurement de la limite K/T

Cette coupe géologique du Kef, rendue mondialement célèbre, a été adopté lors du 28° Congrès Géologique International de Washington (1989), comme G.S.G.P. (Global Stratotype Section and Point) pour la limite Secondaire-Tertiaire.

 

En effet, l’analyse micropaléontologique et géochimique très fine du niveau argileux millimétrique sombre qui sépare le Crétacé du Tertiaire, offre un témoignage irréfutable de l’effet de la grande catastrophe cosmique, qui s’est produite il y a 65 millions d’années.

Ainsi, cette fine couche d’argile montre une disparition brutale de tous les micro-organismes marins et une chute importante du taux de carbonate de calcium.

Les analyses géochimiques et microscopiques des échantillons de ce même niveau, montrent un taux d’Iridium relativement élevé (20 ng/g) et des cristaux octaédriques de spinelles qui ne peuvent être que d’origine météorique extraterrestre.

 

Les Aiguilles de Tabarka

Tbrks
Les Aiguilles de Tabarka

Au niveau de la pointe nord-occidentale du pays et non loin de la frontière algérienne, les aiguilles de Tabarka constituent l’une des attractions dans le paysage du littoral de la région des Kroumiries. Ces aiguilles qui donnent toute l’originalité à la côte de la ville de Tabarka, correspondent à une série de falaises verticales pointues,  qui sont formées par une succession de gigantesques barres gréseuses, d’une dizaine de mètres d’épaisseur chacune et qui sont séparées par de larges combes argileuses.

Ces barres gréseuses imposantes et redressés à la verticale, selon une direction Nord-Sud, sont le résultat d’un long processus d’altération et d’érosion différentielles des grès et des argiles de Kroumirie, terme médian de l’unité allochtone numidienne, qui occupe l’extrême Nord du pays.

Ces falaises qui forment l’ossature du littoral de la région, s’étendent sur plus de 6 km, le long de la côte depuis l’ancien port de Tabarka jusqu’au poste frontalier de Melloula. L’épaisseur totale de cette série est de l’ordre de 2.000 m.

Ces barres de grès grossiers qui peuvent atteindre les 25 m de haut, sont parfois affectées par une intense érosion créant de véritables arches et permettant le passage des promeneurs. 

Dans cette région, les intercalations argileuses sont généralement le siège de phénomènes d’injections sableuses syn-sédimentaires en sills et dykes (Beaudoin et al., 1987).

 

Dyr el Kef

DyrKff
Plateau de Dyr El Kef

Au Nord de la ville du Kef, le Dyr el Kef correspond à l’un des plateaux de synclinaux perchés qui dominent les plaines argileuses de la Tunisie occidentale.

Ce plateau qui  s’allonge SW-NE correspond à une gouttière synclinale, en forme de fond de bateau dont les bords sont relevés de 10 à 20°. Ces bords en corniches sont formés par une dalle de calcaires  d’une épaisseur de 30 m et qui contiennent des Nummulites (N. irrigularis, N. distans, N. gizehensis, N. irregularis)  de lYprésien). Ces calcaires qui reposent directement sur les argiles du sommet de la Fm. El Haria (Maastrichtien-Paléocène), sont flanqués par deux rangées de collines qui correspondent aux deux termes carbonatés de la Fm. Abiod (Maastrichtien).

A la faveur des fractures et des fissures karstiques qui affectent la surface de ces calcaires et de l’inclinaison des couches (4° environ vers l’Ouest) et au contact avec les argiles imperméables sous-jacentes, un certain nombre de sources émergent et alimentent la région en eau douce. La source la plus importante est celle d’Ain El Kef, avec une eau d’une excellente qualité.

DyrKfSce.jpg
Ain El Kef