Roches vertes ou Ophytes

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Roches vertes du Trias

Les roches vertes ou Ophytes correspondent généralement à des épanchements sous-marins de lave basique, interstratifiée dans des roches pyroclastiques qui sont eux-mêmes interstratifiées dans les roches du Trias.

Ces roches volcaniques qui sont communément désignées sous le terme d’ophites, correspondent généralement à des corps isolés dans un complexe triasique formé par des argiles bariolées, du gypse, des cargneules, des dolomies et fréquemment des lambeaux de calcaires dolomitiques.

Macroscopiquement ces roches, de couleur gris verdâtre passant vers les bords à du vert, montrent à la cassure, dans les zones à texture grenue, des cristaux clairs de plagioclases (0. à 3 mm) et des pyroxènes et des veines de calcite et d’oligiste, dans le reste de la roche.

Sur le plan minéralogique, les roches vertes sont caractérisées par une association d’Albite (altérée en Séricite, Calcite, Epidote et Zoizite) et d’Augite (avec des minéraux d’altération de Chlorite et d’Uralite).

Sur les bords de ces coulées volcaniques, apparaît un verre volcanique complètement chloritisé. Ces roches peuvent être ainsi classées comme diabases spilitiques.

Marbres de Chemtou

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Marbres de Chemtou (Kef el Agab, Jebel Hairech)

Dans le Jurassique de l’Extrême Nord tunisien, les marbres Chemtou correspondent à des marbres et à des dolomies recristallisés roses, jaunes et grises.

  • Auteur : Dumon (1939 in Bonnefous, 1972).
  • Localité type : Carrière romaine de Chemtou, Kef el Agab, à l’Est du Jebel Hairech. Limite inférieure : Dolomies à cargneules du Trias de la falaise de Kef el Agab.
  • Limite supérieure : Couverte par des éboulis.
  • Description :  Une unité inférieure de dolomies, de calcaires dolomitiques et de calcaires massifs, qui sont faillés, métamorphisés et minéralisés en Fe t Cu. Une unité supérieure formée par des dolomies caverneuses grises reposant sur des calcaires jaunes bien lités.
  • Epaisseur : 400 m.
  • Age : Lias inférieur (Hettangien-Sinémurien). Soussi, 2002, p. 104.

 

Chaîne de Kroumirie

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Chaîne de Kroumirie

Dans l’Extrême Nord du pays, la chaîne montagneuse de Kroumirie, qui culmine à 1.104 m et qui constitue le prolongement septentrional de l’Atlas tellien, est formée essentiellement par les grès du NumidienPar sa situation dans un domaine climatique tempérée, cette chaîne est » couverte par des forêts denses de chênes-liège et de chênes-zeens.

Cette barrière naturelle correspond à 5 lignes de crêtes déposées en éventail.  Avec dans la partie nord, les massifs montagneux séparant Tabarka de La Calle (400 m). Plus à l’Est, une chaîne orientée SW-NE, qui culmine à Ain Draham, à 874 m et qui domine la petite plaine côtière de Tabarka. Le petit piton isolé de Jebel Adissa qui culmine à 889 m, constitue le prolongement vers le sud de cette chaîne. Une chaîne plus haute et plus continue, s’étend sur près de 40 km le long de la plaine côtière de la région des chênes et qui dominent à 1.104 m le village d’Ain Draham. Enfin, au Sud de cette ligne de crête principale, se situe une autre chaîne de direction générale grossièrement E-W et dont les principaux sommets qui culminent à 1.037 m, dominent la plaine de Bou Salem. Cette chaîne se prolonge vers l’’Est en direction de l’Oued Kasseb, par des massifs calcaires qui culminent à 960 m.

La partie sud des monts Kroumirie est constituée de deux chaînes parallèles, qui entourent la vallée de l’oued Barbara et qui font partie des monts de la Méjerda. Encore plus au sud se dresse le massif isolé du Jebel Hairech qui culmine à 690 m et qui est entouré de ses trois cotés par la plaine de Jendouba. L’essentiel des massifs de Kroumirie sont formés par des alternances d’argiles et de grès du Numidien.

Bargou-Serj

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Massif du Jebel Serj

Les Jebels Bargou-Serj qui constituent le prolongement vers SW des massifs jurassiques, constituent l’élément morphologique majeur le plus imposant de la Dorsale tunisienne. En effet, il s’agit d’une vaste structure anticlinale régulière qui s’étend, SW-NE, sur près de 40 km de long sur 10 km de large et qui culmine au signal du Jebel Serj (1.309 m) et celui du Jebel Bargou (1.268 m).

La carapace de calcaires récifaux de l’Aptien (faciès Serj) forme l’enveloppe de cette structure coffrée dont les flancs sont très accentués (Jebel Bargou). Vers le SW, La fermeture du Jebel Serj en voûte simple, marque la terminaison anticlinoriale méridionale de cette grande structure.

La Fm. Serj, définie au Jebel du même nom (Burollet, 1956),  entre Douar Sidi Hamada et le hameau d’El Golea, débute par des argiles sableuses, se poursuit par des calcaires subrécifaux noirs en bancs massifs riches en Rudistes et se termine par des marnes feuilletées.

Il s’agit d’une série de calcaires et de dolomies récifaux à subrécifaux massifs, généralement à grain fin, gris foncé et très durs et qui admet quelques intercalations de calcaires argileux et de grès silteux durs. Cette série essentiellement carbonatée, qui contient une riche faune d’organismes récifaux typiques d’Huîtres, de Rudistes, de Polypiers, de coraux, d’Algues et  d’Orbitolines, ainsi que des Hedbergelles et des Radiolaires, a été attribuée au Gargasien supérieur-Clansayésien.

Serj3Calcaires récifaux de la Fm. serj du flanc nord du Jebel Bargou

Cette série qui forme l’essentiel des reliefs imposants des massifs des Jebels Bargou, Serj,  Ballouta, Trozza et Slata, a été subdivisée dans sa localité type (Turki, 1988, p. 65) en :  

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Différents termes de la Fm. Serj (Mém. ETAP, 8b, p. 38 et Turki, 1988, p. 67).1988, p. 67).
  • Un premier terme (240 m) d’argiles sableuses à intercalations de grès à stratifications obliques et des calcaires ou Fm. Hamada.
  • Un deuxième terme de calcaires noirs, durs en bancs massifs à Orbitolines, localement dolomitiques et qui sont séparés par des marnes noires (40 m) formant le niveau repère de la cote 873 m. Cette série carbonatée, subrécifale, riche en Rudistes, forme l’essentiel de l’ossature du Jebel Serj.
  • Un troisième terme (270 m) de marnes feuilletées à rares bancs de calcaires à Hedbergelles et Radiolaires.
  • Un quatrième terme (35 m) de calcaires en gros bancs durs riches en Rudistes.
  • Un cinquième terme (400 m) d’argiles sableuses à nombreuse intercalations de calcaires argileux et oolithiques.

Tlatli (1988) distingue dans la Fm. Serj cinq séquences carbonatées principales S1 à S5, qui sont séparées par quatre niveaux marneux à bancs gréseux T1 à T4. La séquence supérieure S5 est subdivisée en cinq sous séquences S5a à S5e. La séquence S5d qui repose sur la séquence S5c par une discontinuité marquée par une surface durcie et la séquence S5e, correspondent à l’Albien inférieur.

La limite Crétacé – Tertiaire ou limite K/T

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Crétacé supérieur – Paléocène ou Fm. El Haria le long de la piste de Hammam Mellègue

Dans le NW de la Tunisie, le passage Crétacé-Tertiaire se fait souvent dans une série régulière et calme d’argiles noires ou gris sombre à intercalations de calcaires crayeux.  Il s’agit de la série de transition qui correspond à la Fm. El Haria (Burollet, 1956) et qui s’étend sur le Maastrichtien supérieur, le Danien, le Paléocène et le Montien.

Cette série tendre forme de larges vallées qui s’étendent entre la barre supérieure de la Fm. Abiod (Maastrichtien) et les calcaires à base phosphatée de la Fm. Métlaoui (Yprésien)

A quelques km au SW de la ville du Kef et parallèlement à la piste de Hammam Mellègue, cette série marine calme dépourvue de toute bioturbation et de tout apport détritique grossier, a permis de repérer avec une grande précision la limite entre le sommet du Crétacé et la base du Tertiaire.

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Affleurement de la limite K/T

Cette coupe géologique du Kef, rendue mondialement célèbre, a été adopté lors du 28° Congrès Géologique International de Washington (1989), comme G.S.G.P. (Global Stratotype Section and Point) pour la limite Secondaire-Tertiaire.

 

En effet, l’analyse micropaléontologique et géochimique très fine du niveau argileux millimétrique sombre qui sépare le Crétacé du Tertiaire, offre un témoignage irréfutable de l’effet de la grande catastrophe cosmique, qui s’est produite il y a 65 millions d’années.

Ainsi, cette fine couche d’argile montre une disparition brutale de tous les micro-organismes marins et une chute importante du taux de carbonate de calcium.

Les analyses géochimiques et microscopiques des échantillons de ce même niveau, montrent un taux d’Iridium relativement élevé (20 ng/g) et des cristaux octaédriques de spinelles qui ne peuvent être que d’origine météorique extraterrestre.

 

Les Aiguilles de Tabarka

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Les Aiguilles de Tabarka

Au niveau de la pointe nord-occidentale du pays et non loin de la frontière algérienne, les aiguilles de Tabarka constituent l’une des attractions dans le paysage du littoral de la région des Kroumiries. Ces aiguilles qui donnent toute l’originalité à la côte de la ville de Tabarka, correspondent à une série de falaises verticales pointues,  qui sont formées par une succession de gigantesques barres gréseuses, d’une dizaine de mètres d’épaisseur chacune et qui sont séparées par de larges combes argileuses.

Ces barres gréseuses imposantes et redressés à la verticale, selon une direction Nord-Sud, sont le résultat d’un long processus d’altération et d’érosion différentielles des grès et des argiles de Kroumirie, terme médian de l’unité allochtone numidienne, qui occupe l’extrême Nord du pays.

Ces falaises qui forment l’ossature du littoral de la région, s’étendent sur plus de 6 km, le long de la côte depuis l’ancien port de Tabarka jusqu’au poste frontalier de Melloula. L’épaisseur totale de cette série est de l’ordre de 2.000 m.

Ces barres de grès grossiers qui peuvent atteindre les 25 m de haut, sont parfois affectées par une intense érosion créant de véritables arches et permettant le passage des promeneurs. 

Dans cette région, les intercalations argileuses sont généralement le siège de phénomènes d’injections sableuses syn-sédimentaires en sills et dykes (Beaudoin et al., 1987).

 

Dyr el Kef

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Plateau de Dyr El Kef

Au Nord de la ville du Kef, le Dyr el Kef correspond à l’un des plateaux de synclinaux perchés qui dominent les plaines argileuses de la Tunisie occidentale.

Ce plateau qui  s’allonge SW-NE correspond à une gouttière synclinale, en forme de fond de bateau dont les bords sont relevés de 10 à 20°. Ces bords en corniches sont formés par une dalle de calcaires  d’une épaisseur de 30 m et qui contiennent des Nummulites (N. irrigularis, N. distans, N. gizehensis, N. irregularis)  de lYprésien). Ces calcaires qui reposent directement sur les argiles du sommet de la Fm. El Haria (Maastrichtien-Paléocène), sont flanqués par deux rangées de collines qui correspondent aux deux termes carbonatés de la Fm. Abiod (Maastrichtien).

A la faveur des fractures et des fissures karstiques qui affectent la surface de ces calcaires et de l’inclinaison des couches (4° environ vers l’Ouest) et au contact avec les argiles imperméables sous-jacentes, un certain nombre de sources émergent et alimentent la région en eau douce. La source la plus importante est celle d’Ain El Kef, avec une eau d’une excellente qualité.

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Ain El Kef

Plateau du Jebel Goraâ

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Plateau du Jebel Goraâ

Dans le NW du pays, le plateau du Jebel Goraa, orientée sensiblement SW-NE correspond à une vaste cuvette qui s’étend sur près de 15 km de long sur 8 km de large. Cette cuvette qui est tronquée sur son flanc NW, par une lame triasique, correspond à un synclinal perché qui domine à 900 m, la plaine de Thibar, vers le NW et les plateaux de Téboursouk, vers le SE.

Ce vaste plateau, qui surplombe le petit village de Djebba, est entièrement formé par des falaises abruptes de près de 80 m de calcaire massifs d’éocène à Nummulites. Ces calcaires reposent directement sur les marnes et les argiles noires du sommet de la Fm. el Haria.

Par sa surface intensément fracturée et karstifiée et grâce aux argiles imperméables sous-jacentes, ces calcaires très épais, constituent dans la région de Thibar, un bon réservoir d’eau douce. D’ailleurs, plusieurs sources jaillissent en très belles cascades au niveau du contact de ces calcaires avec les argiles.

Ces calcaires sont surmontés par près de 80 m d’argiles et de lumachelles à Huitres de la Fm. Souar.

 

 

La Dorsale tunisienne

La Dorsale tunisienne correspond à un élément orographique et climatologique très marquée qui jalonne la partie septentrionale de l’Atlas tunisien. En effet, cet élément topographique majeur, constitue une barrière climatique qui sépare entre un domaine méditerranéen très arrosé, qui s’étend vers le Nord, et un domaine subdésertique sec, qui s’étend plu au le Sud.

Cet élément  topographique correspond à une suite de plis serrés, orientés SW-NE, qui sont séparés par des accidents transversaux et qui sont imités sur leur rebord oriental par le grand accident de Zaghouan Du NE vers le SW, les reliefs correspondent respectivement aux Jebels Bou Kornine, Ressas, Zaghouan, Kohol, Bent Saidane, Fkirine, Zaress, Bargou-Serj, Makthar-Kessera et enfin le Jebel Chaambi.

Le Jebel Bou Kornine correspond au point le plus nord-oriental de l’alignement des massifs jurassiques de la Dorsale tunisienne. Cet important massif anticlinal orienté sensiblement N-S, qui culmine à 576 m et qui domine vers le N, le Golfe de Tunis et vers l’W, la plaine de Mornag, s’étend sur près de 3 km de long sur 2 km de large.

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Massif du Jebel Bou Kornine

L’ossature de cette structure, tronquée au N et à l’W, par de grandes failles, est formée par 400 m de calcaires dolomitiques massifs et 500 m de calcaires gris zoogènes et oolithiques, appartenant au Lias(Jurassique inférieur).

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Coupe schématique à travers le Jebel Bou Kornine

Le Jebel Ressas qui domine la plaine de Mornag, est le deuxième massif du grand linéament des massifs jurassiques de la Dorsale tunisienne. Il bien visible à partir de la station de péage de Mornag. Ce massif qui s’étend sur 3 km de long sur 1 km de large, culmine à 795 m.

Orientés sensiblement SSW-NNE, il est formé essentiellement par des calcaires massifs récifaux sombres du Portladie (Jurassique supérieur). Par sa silhouette très caractéristique, le Jebel Ressas correspond, dans le détail au Petit Ressas (500 m) qui correspond au bloc tabulaire et au Grand Ressas, plus imposant (795 m). Ces deux blocs sont séparés par un col triasique de 477 m d’altitude.

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Massif du Jebel Ressas

Le Jebel Zaghouan est le troisième imposant massif jurassique de la Dorsale tunisienne. Ce massif qui s’étend sur 9 km de log et 3 km de large, culmine à 1.295 m (au Grand Pic) et 1.075 m (à Kef el Orma)

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Massif du Jebel Zaghouan

L’essentiel de l’ossature du Jebel Zaghouan correspond à des calcaires massifs sombres du Lias (Jurassique inférieur). Vers le SE, le Jebel Zaghouan est limité par l’importante falaise verticale de la faille de Zaghouan.

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Coupe schématique à travers le Jebel Zaghouan

Le linéament des massifs jurassique se poursuit par les Jebels Kohol (680 m), Kef Azeiz (678 m), Bin Saidane (818 m), Fkirine (985 m) et Zaress (626 m).

Plus au SW, les Jebel Bargou-Serj correspondent à un élément morphologique imposant qui prolonge les massifs jurassiques. Il s’agit d’une vaste structure anticlinoriale régulière qui s’étend, sur près de 40 km de long, sur 10 km de large et qui culmine au signal du Jebel Serj à 1.357 m et celui du Jebel Bargou à 1.268 m.

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Massif du Jebel Serj

La carapace de cette imposante structure coffrée dont les flancs sont très accentués, est formée par des calcaires et les dolomies récifaux massifs de l’Aptien (faciès Serj), très riches en Rudistes, en Polypiers et en Foraminifères.

Ces massifs se prolongent vers le SW par le plateau de Kissra (1175 m) et les Jebels Barbrou (1.226 m), Semmama (1.314 m) et enfin Chaambi, avec le point culminant de toute la Tunisie (1.544 m). 

 

Habib BENSALEM

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Qui  Suis-Je ? ? ! !

Né à Sfax en 1948, j’ai intégré en 1956, l’Ecole Primaire qui se situait à plus de 3 km de chez-nous. Cet établissement d’Enseignement Primaire, qui se résume en deux salles de classes et un logement pour le Directeur, était aménagé dans un coin d’une huilerie.

Cette période coïncidait avec les débuts de l’Indépendance du Pays et les derniers enseignants de nationalité française, étaient encore présents. Cette période était marquée par des épidémies dont la teigne (fartsa) et la conjonctivite (Errmed).  Ainsi, plus de 80 % de mes collègues avaient les crânes rasées à Zéro et badigeonnées par de la teinture d’iode ou du mercure au chrome, qui dépasse les «ârrakia» qu’ils étaient obligés de porter pour couvrir leurs têtes. En ce qui concerne la conjonctivite, nous avions droit, à des buvards sur lesquels sont dessinés un œil sain et un œil malade, et à un traitement journalier à la pommade Néomicine.

Les fournitures scolaires se résumaient à l’époque, à un livre de Français et un livre d’Arabe, octroyés, plutôt empruntés auprès de l’école et qui seront rendus à la fin de l’année, pour servir aux générations futures. En plus de ces livres, une ardoise, de la craie, un morceau d’étoffe en guise de chiffon, un porte-plume, des plumes pour l’arabe et pour le français, un crayon noir et parfois une gomme.

Pour l’écriture, on se servait de plumes de différentes catégories. Le stylo Bic n’a pas fait encore son apparition. Ce n’était pas de l’écriture c’était plutôt de la calligraphie. Je me souviens encore de la beauté des lettres surtout des lettres majuscules. Le H majuscule, était à elle seule un chef d’œuvre, une création artistique.

Nous avions droit presque chaque jour à notre ration quotidien de coups de baguette, plutôt de bâton, sur les mains ou  sur les pieds et ce en fonction de la gravité du délit commis.

Vu que nous habitions tous à plus de 3 km de l’Ecole et que nous étions tous, sans exception, «relativement» pauvres, pour ne pas dire complètement démunis, nous avions le droit de manger à la cantine de l’Ecole. Lait en poudre à 10 heure, «tbikhet foul masri) à midi et pain et fromage salé, au goûter de l’après midi. Tous les produits que nous consommions portaient le label de la poignée de mains et l’inscription «ni à vendre, ni à échanger» «not to be sold or exchanged» écrite en toutes les langues.

Le cycle de l’enseignement primaire était soldé par le passage de l’examen du Certificat de Fin d’Etude Primaire, qui ne servait à rien à l’époque (d’ailleurs ma promotion était la dernière à l’avoir passer) et l’examen du Concours d’Entrée en Première Année de l’Enseignement Secondaire «Sixième», qui, comme son nom l’indique, nous permettait d’accéder à la première année de l’Enseignement Secondaire.

Suite à la réussite de ce concours, j’ai intégré le Collège Secondaire de la Route d’El Ain «Hay Ezzitouni», à Sfax. Cette période de l’Enseignement Secondaire était marquée, vers son début par l’Evacuation de la ville de Bizerte et vers sa fin par la guerre du 5 Juin 1967.

Tout au long de ce cycle, toutes nos études, à part le français étudié en tant que langue, étaient dispensées en langue arabe : maths, physique, sciences naturelles, histoire-géo. C’était la section A de l’époque.

Au cours de cette période, j’ai bénéficié, comme le reste de mes collègues, qui habitaient aux alentours de la ville de Sfax, de l’aide du Comité Régional de Solidarité Sociale, géré et subventionné par la charité d’un groupe de bienfaiteurs de la ville de Sfax. Cette institution, à vocation purement sociale, nous assurait le logement et la nourriture. Et c’est grâce à cette aide, dont je suis aujourd’hui reconnaissant, que j’ai pu, avec tant d’autres, de mener à bien tout mon cycle secondaire, dans de bonnes conditions.

L’examen du bac, en notre temps, était en deux partie : la première partie du bac ou «probatoire», à la fin de la cinquième année et la deuxième partie, qui est en fin de la sixième année. Comme je le disais plus haut, le premier jour de l’examen de la première partie, était le premier jour du déclenchement de la guerre du 5 Juin 1967. A travers les fenêtres du lycée, et en pleine épreuve, nous avions droit à la transmission des communiqués brûlants de cette guerre.

La deuxième partie du bac comportait une épreuve écrite, qui sera soldée, pour les admis, par une épreuve orale. Pour le passage de l’épreuve orale, j’étais obligé de me rendre à Tunis. Et c’est à cette occasion, que j’ai pu, pour la première fois de ma vie, voir une montagne, l’imposante masse rocheuse sombre du Jebel Bou Kornine, qui s’est avérée par la suite, appartenir au Lias.

A ce stade de cette histoire, je peux confirmer et sans aucune hésitation, que tout ce qui a été dit, va évoquer certains souvenirs à toute une génération. D’ailleurs, je crois bien que beaucoup de monde va se reconnaître dans ce récit.

A la suite de la réussite au bac, j’étais orienté vers la section des Sciences Naturelles, à la Faculté des Sciences de Tunis, sise à l’époque à la Rue de Rome (actuellement siège des journaux le Renouveau et El Horria).

Vu notre «grand nombre» en première et en deuxième année, plus de 300 étudiants, aucun local ne pouvait nous contenir. Pour ce, nous étions obligés de suivre les cours à l’amphi Marsais, de la Rue de Rome, dans un grand hangar aménagé à la rue de Palestine, aux amphis de l’Ecole d’Agronomie, ou de l’ENIT. Pour les TP et les TD, ne parlons pas. Nous étions dispersés dans les quatre coins de la ville : TP de physique : avenue de France, TP de chimie : à l’ENIT, TP de biologie végétale : Place de la Monnaie, TP de physiologie animale : une villa au Belvédère, …..

C’est au début de l’année de Maîtrise, que nous avons pu déménagé aux locaux actuels de la Faculté des Sciences au Campus.

Revenons à l’année de Maîtrise, à la suite de la réussite de la Troisième année Sciences Naturelles, j’étais orienté avec 13 autres à la section de Géologie, créée pour la première fois, par Si Mohamed FEKI. Ma première année de Maîtrise, puisque j’en ai fais deux, était soldée par un échec à la cession de Juin 1972. J’étais donc obligé de repasser l’examen à la cession de Septembre. J’étais un cas unique, puisque j’étais le seul candidat à cette cession. Il m’arrivait parfois, d’être gâté, lors de certaines épreuves, d’avoir deux ou 3 surveillants d’examen à moi et à moi seul. L’histoire de ce cas unique a fait le tour de tous les établissements universitaires du Campus.

Ma deuxième année de Maîtrise était plutôt marquée, lors de l’Ecole de terrain, organisée dans la chaîne de l’Axe Nord-Sud, par les inondations torrentielles qui nous ont isolé du monde extérieur. En effet, l’Oued Zéroud et l’Oued Merguellil, nous ont coupé de tout moyen de communication ou de ravitaillement. Pendant ces journées de crise, notre ration alimentaire se résumait à un œuf et un bout de pain de campagne, procurés auprès des habitants locaux. Ce qui est bien à l’école de terrain, c’est que nous étions tous égaux vis-à-vis de la bouffe. Professeur, maître-assistant, assistant, étudiant ou chauffeur, quelle que soit le grade, la catégorie sociale ou professionnelle, chacun avait n’avait droit qu’à l’œuf et le bout de pain.

Ayant obtenu la Maîtrise de Géologie en Juin 1973, j’étais recruté au Service Géologique le 1° Septembre de la même année, en tant qu’Ingénieur des Travaux de l’Etat.

Si Ahmed AZZOUZ, qui était le Directeur de cette institution à l’époque, m’a conseillé d’accompagner sur le terrain les derniers géologues de l’équipe tchécoslovaques, qui étaient encore en Tunisie. Ces missions m’ont permis de les côtoyer, de profiter de leur expérience et de m’habituer avec eux à la géologie de terrain.

Fin Aout 1973, j’étais appelé à passer mon service militaire. J’ai suivi une formation d’Officier de Réserve à l’Académie Militaire, qui était soldée par le grade de sous-lieutenant de réserve. Par la suite j’étais affecté au Service de Génie Militaire où j’ai eu l’occasion de visiter la pointe extrême du Sud tunisien (Borj El Khadhra).

Après avoir terminé mon service militaire, j’ai regagné le Service Géologique en Septembre 1975.

Suite à la fin du contrat de Bernard COLLEUIL, coopérant français, Si Ahmed AZZOUZ m’a chargé de la poursuite des levés géologiques de la région du Cap Bon. Dans ce cadre, j’ai pu terminé la feuille de Nabeul, réalisée en grande partie par Colleuil et entamer le reste des autres feuilles.

Parallèlement, j’ai pu participé à l’organisation des différentes manifestations scientifiques organisées par le Service Géologique, ainsi qu’à l’échantillonnage et l’étude minutieuse de la coupe du Kef, qui sera acceptée par la suite (XXIIX° Congrès Géologique International de Washington), comme coupe de référence internationale pour le passage Crétacé-Tertiaire.

En 1986 et suite à la création d’un D.E.A. de Géologie des Bassins Sédimentaires, j’ai pu profiter de ce cycle d’enseignement, qui s’est  soldé par la soutenance d’un mémoire de D.E.A. relatif à la géologie de la feuille de Tazoghrane. Par la suite, en 1992, la soutenance d’un mémoire de Troisième cycle relatif à la géologie de toute la péninsule du Cap Bon. Ce diplôme m’a permis en 1993 d’accéder au grade d’Ingénieur Principal.

Suite à un concours interne, organisé à l’Office National des Mines en 2004, j’ai pu accéder au grade d’Ingénieur en Chef.

 

 

Cursus

  • 1961 Certificat de Fin d’Etudes Primaire & Concours d’Entrée en Première Année Secondaire, Sfax.
  • 1962-68 : Collège Secondaire, Route d’El Aïn (El 7ay Ezzeytouni), Sfax.
  • 1967-1968 : Première et Deuxième Partie du Baccalauréat, Option Sciences, Sfax.
  • 1968-73 : Faculté des Sciences de Tunis.
  • 1973 : Maîtrise es Sciences Naturelles : Option Géologie, Tunis.
  • 1986 : Diplôme d’Etudes Approfondies (D.E.A.), Opt : Géologie, Tunis. – Cartographie géologique de la feuille de Tazoghrane : contribution à la connaissance de la dynamique des bassins sédimentaires cénozoïques du Cap Bon. 135 p., 43 figs., une carte.
  • 1992 : Doctorat de Spécialité en Géologie, Tunis, 1992 : – Contribution à la connaissance de la géologie du Cap Bon : stratigraphie, tectonique et sédimentologie. 203 p., 108 fig

Publications :

Troisième Séminaire National sur la Télédétection, I.N.A.T. : Apport de l’étude des images satellites à la géologie du Cap Bon.

10° Réunion Annuelle des Sciences de la Terre, Bordeaux. – Géodynamique de quelques bassins sédiomentaires tunisiens 4 : tectonique synsédimentaires messinien à pliocène dans le Kéchabta.

8th I. A. S. Meeting of sedimentology, Tunis : – Les Sables de Somaa (Nabeul, Cap Bon) : résultat de l’interférence de phénomènes tectoniques et eustatiques. – Tectonique syn-Fortuna (Oligo-Aquitanien) : implication sur la transgression du Miocène moyen au Jebel Korbous (Cap Bon, Tunisie nord-orientale)

Deuxième Congrès National des Sciences de la Terre, Tunis : – Un exemple de delta à prédominance de la houle : la formation Saouaf au Cap Bon (Miocène moyen, Tunisie nord-orientale). – Evolution structurale de la péninsule du Cap Bon (Tunisie nord-orientale) au cours du Néogène. – La transgression du Langhien dans la région du Cap Bon (Tunisie nord-orientale).

Intérim Colloq. of the Regional Comm. of Mediterr. Neogene Stratigraphy, Tunis : – Lacunes et discontinuités dans la série néogène du Cap Bon : contrôle tectonique et implications eustatiques.

Cinquième Journée de Géologie Tunisienne, Tunis, 1993 : – Etat d’avancement de l’édition de la carte géologique de base.

International Workshop on Cretaceous-Tertiary Transition (El Kef Tunisia) : Presentation of the Cretaceous – Tertiary (K/T) boundary type section of El Kef, Tunisia.

International workshop on Cretaceous-Tertiary Transition : El Haria Tunisian K/T Transition Serie

Géobios, n° 17, fasc. 5, Lyon, 1984, pp. 583-591, 4 figs., 1 pl. : Planktic foramineferal biostratigraphy of the Maastrichtian sedimentary beds at Aïn M’deker, Northeastern Tunisia.

Notes du Service Géologique, n° 52, Tunis, 1987, pp. 3-39, 19 figs., 1 pl. : Sills et dykes sédimentaires du flysch numidien de Tunisie septentrionale : étude préliminaire du secteur de Tabarka.

Notes du Service Géologique, n° 59, Tunis, 1992, pp. 105-119, 3 figs., 2 pl. ph. : Un exemple de delta à prédominance de la houle : la formation Saouaf (Miocène moyen) sur la côte nord du Cap Bon (Tunisie nord-orientale). 

Notes du Service Géologique, n° 61, Tunis, 1995, pp. 73-84 : Evolution de la péninsule du Cap Bon (Tunisie nord-orientale) au cours du néogène. 

Proc. 30° Int. Geol. Congr., Vol. 12, pp. 67-78. : Sequence of events around K/T boudary at El Kef.

Annales des Mines et de la Géologie, n° 35, 1996, pp. 5-9 : General presentation of the Cretaceous-Tertiary (K/T) boundary type section of el Kef, Tunisia. 

Bibliographie Géol. et Minière de la Tunisie, 1996, Ed°. du Serv. Géol. de Tunisie : Aperçu sur la géologie de la Tunisie.

Géobios, M.S. n° 21, pp. 235-245 : The K/T Stratotype Section of El Kef (Tunisia) : Events and Biotic Turnover.

Notes du Service Géologique, n° 64, pp. 123-128 : Les formations miocènes post-Saouaf de la région de Nabeul (Cap Bon) et leurs équivalents off shore et en Tunisie sud-atlasique.

Annales des Mines et de la Géologie N° 66 : La carte géologique dans l’enseignement des sciences de la terre. Exemple : la feuille de Menzel Bou Zelfa. 

Livrets-guides d’excursions

  1. U.N.E.S.C.O., I.U.G.S., P.I.C.G. 145 : Excursion en Tunisie Centre-Nord.
  2. 8th I.A.S. Regional Meeting of Sedimentology, Tunis : Guide to the excursion B. 9 : Regional geology of Cenozoic siliciclastic and carbonate sequences in Cap Bon (Northeastern Tunisia).
  3. I.U.G.S., G.S.G.P., A.T.E.I.G., Service Géologique National : Field Trip Guidebook to the Cretaceous – Tertiary (K/T) boundary type section of El Kef, Tunisia.
  4. I.U.G.S., R.C.M.N.S., A.T.E.I.G., Serv. Géol.Tun. – Interim Colloqu. (R.C.M.N.S.), Tunis : La série néogène de la péninsule du Cap Bon.
  5. Pan-African Network for a Geological Information System : Pangis, Tunis : Field-Trip to the Cap Bon Region.
  6. International Workshop on Cretaceous-Tertiary Transition : Field-Trip to El Kef, Ain Settara and Elles.

Résumés et communications orales dans des congrès et séminaires

  1. 10° Réunion Annuelle des Sciences de la Terre, Bordeaux. – Géodynamique de quelques bassins sédimentaires tunisiens

4 : tectonique synsédimentaires messinien à pliocène dans le Kéchabta.

  1. Troisième Séminaire National sur la Télédétection, I.N.A.T.

Apport de l’étude des images satellites à la géologie du Cap Bon.

  1. 1 8th I. A. S. Meeting of sedimentology, Tunis. – Les Sables de Somaa (Nabeul, Cap Bon) : résultat de l’interférence de phénomènes tectoniques et eustatiques. – Tectonique syn-Fortuna (Oligo-Aquitanien) : implication sur la transgression du Miocène moyen au Jebel Korbous (Cap Bon, Tunisie nord-orientale).
  1. Deuxième Congrès National des Sciences de la Terre, Tunis. – Un exemple de delta à prédominance de la houle : la formation Saouaf au Cap Bon (Miocène moyen, Tunisie nord-orientale). – Evolution structurale de la péninsule du Cap Bon (Tunisie nord-orientale) au cours du Néogène. – La transgression du Langhien dans la région du Cap Bon (Tunisie nord-orientale).
  1. Intérim Colloq. of the Regional Comm. of Mediterr. Neogene Stratigraphy, Tunis. – Lacunes et discontinuités dans la série néogène du Cap Bon : contrôle tectonique et implications eustatiques. 1993. Cinquième Journée de Géologie Tunisienne, Tunis, 1993 – Etat d’avancement de l’édition de la carte géologique de base
  1. International Workshop on Cretaceous-Tertiary Transition (El Kef Tunisia) – Presentation of the Cretaceous – Tertiary (K/T) boundary type section of El Kef, Tunisia.

1998. International workshop on cretaceous-Tertiary Transition – El Haria Tunisian K/T Transition Serie